Willys CJ-3A (1949-1953)

Willys CJ-3A (1949-1953) : la Jeep civile qui a appris à voir clair

Après la guerre, Willys avait lancé la CJ-2A pour convertir sa Jeep militaire en outil de ferme. Quatre ans plus tard, la Willys CJ-3A vient corriger le défaut le plus gênant de sa devancière, un pare-brise en deux morceaux qui coupait la vue. Vendue de 1949 à 1953 à près de 132 000 exemplaires, elle reste la Jeep de ferme par excellence et la base directe de la première Jeep militaire d’après-guerre.

Willys CJ-3A rouge de 1949 avec son pare-brise en une seule piece lors d’un rassemblement
Années1949 à 1953
Production131 843 exemplaires
MoteurGo Devil L134, 60 ch
PoidsÀ partir de 1 043 kg

Corriger le point faible de la CJ-2A

Lancée en 1945, la CJ-2A avait été un succès auprès des agriculteurs américains. Mais son pare-brise en deux parties, hérité de la MB militaire, gênait la visibilité sur route. En 1949, Willys-Overland la remplace par la CJ-3A, dotée d’un pare-brise rabattable en une seule pièce, associé à des essuie-glaces à commande par dépression placés en bas de vitre et à un aérateur pour faire circuler l’air frais.

Le reste de la carrosserie change peu. Le passage de roue arrière est raccourci de deux pouces, la banquette avant recule légèrement, et la caisse gagne près de 6 cm de hauteur une fois le pare-brise relevé. La suspension est renforcée pour mieux encaisser les outils agricoles attelés à l’arrière.

Willys CJ-3A rouge de 1949 avec son pare-brise en une seule piece lors d’un rassemblement
Une Willys CJ-3A de 1949, avec son pare-brise en une seule pièce et sa calandre à sept fentes. Photo Greg Gjerdingen, CC BY 2.0.

Une Jeep pensée pour la ferme

Willys ne vise pas le grand public. La CJ-3A est promue quasi exclusivement dans les revues agricoles, à une époque où la marque hésite encore à affronter Ford et General Motors sur le marché de la voiture particulière. À partir de 1951, une version « Farm Jeep » dépouillée apparaît au catalogue, dotée d’une prise de force pour actionner faucheuses, pompes ou treuils directement depuis le moteur Go Devil.

Les versions marquantes de la CJ-3A

  • CJ-3A de série (1949-1953) : la version civile courante, calandre à sept fentes et pare-brise en une pièce.
  • Farm Jeep (dès 1951) : version dépouillée avec prise de force, pensée pour les travaux agricoles.
  • CJ-3A export : commercialisée en France par Hotchkiss jusqu’en 1952, avant que le constructeur achète la licence pour produire sa propre JH 101.
  • Base du Willys M38 : dès 1950, l’armée américaine reprend le châssis de la CJ-3A pour sa nouvelle Jeep militaire.

Sous le capot

La CJ-3A conserve le quatre cylindres Go Devil L134 de 2,2 litres et ses 60 chevaux, associé à une boîte manuelle T-90 à trois rapports signee Dana. Le pont avant Dana 25 et le pont arrière Dana 41 ou 44, selon les années, complètent une mécanique quasiment identique à celle de la CJ-2A, gage de fiabilité et de pièces déjà bien connues des réparateurs de l’époque.

La fin d’une lignée discrète

En 1953, Willys-Overland est rachetée par Kaiser Motors, qui retire « Overland » du nom de la société. La même année, la CJ-3A cède sa place à la CJ-3B, reconnaissable à son capot rehaussé pour loger le nouveau moteur Hurricane. Les deux modèles se sont même croisés sur les chaînes de Toledo pendant plusieurs mois.

Pourquoi la CJ-3A compte encore

Simple, robuste et produite à près de 132 000 exemplaires, la CJ-3A reste une porte d’entrée accessible dans le monde des Jeep anciennes. Elle a aussi donné naissance, sans presque aucune retouche, à la première Jeep militaire de l’après-guerre. Découvrez notre sélection de Jeep vintage et notre service pour importer une Jeep des États-Unis ou du Canada. Toute la chronologie est à retrouver dans notre grande histoire de la marque Jeep.

Sources : Wikipédia, Jeep CJ et Kaiser Willys, la CJ-3A. Photos : Greg Gjerdingen, licence CC BY 2.0, via Wikimedia Commons.